L’alcoolisme, mal familial

Grandir dans une famille où l’un des parents est dans l’alcool est le plus court chemin qui mène à l’alcoolisme et aux autres toxicomanies, à la boulimie, aux troubles mentaux, à l’anorexie, à la codépendance… Comment se construire, en effet,  lorsqu’on est partagé entre la peur et la honte, écartelé entre le parent alcoolique qu’il faut ménager et l’autre parent toujours en colère ?  Comment connaître ce qu’on éprouve lorsque la situation et les sentiments sont niés ? Comment éviter le chaos dans sa tête lorsqu’on est confronté enfant à la violence ou à la folie meurtrière voire l’inceste ? Comment tout simplement savoir vivre après avoir assumé des responsabilités au dessus de son âge ?

Pour prévenir l’alcoolisme, il faut tout d’abord briser le mur du silence et de non-dits sur cette terrible maladie. Mettre des mots sur la souffrance du malade alcoolique, de sa famille, de ses enfants. Il peut suffire pour cela d’une réunion ou d’un congrès, ou d’une participation régulière à un groupe Alateen, organisé pour les enfants et les adolescents par l’association Al-Anon/Alateen.

Le 5ème congrès Al-Anon Alateen avec participation Alcooliques Anonymes, se tenait ce week-end de mars 2008 à Saint Jacut de la Mer, Côtes d’Armor. De nombreux témoignages l’ont montré, comme celui de M., il n’est pas rare que le conjoint ou le parent d’alcoolique, après avoir tout tenté sans succès, précède l’alcoolique sur le chemin du rétablissement en rejoignant les Al-Anon, quittant ainsi son rôle de sauveteur-facilitateur impuissant et se sauvant lui-même de l’obsession, de la déraison et de la dépression.

Pour l’alcoolique, s’il ne meurt pas, ou plutôt ne crève pas de cette terrible maladie, comme dit D., il faudra attendre d’avoir touché son fond, senti le déclic, même si c’est celui de l’arme à feu enrayée avec laquelle on essaye de se suicider, comme Y., pour se décider à poser le verre et à pousser la porte des Alcooliques Anonymes. Le témoignage de J., 22 ans, montre aussi que ce déclic peut avoir lieu tôt, pourvu qu’un membre du mouvement montre le chemin, faisant sa douzième étape…

Car pour combler le vide laissé par la boisson, il n’y a qu’un moyen : se tourner vers le programme de rétablissement en douze étapes qui est dur, mais l’alcoolique en a besoin ! Ce fabuleux programme consiste consiste en 1/ se rendre (avouer son impuissance étapes 1à 3), 2/ procéder à une introspection d’une rigoureuse honnêteté qui ne laisse pas de place à la staccause* (étapes 4 à 7), 3/ réparer (8 à 10) et enfin transmettre le message (12).

*Ce terme, dans le truculent langage des AA, désigne l’auto-apitoiement (C’est à cause de)

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