Violette 50 ans : Je suis responsable de ma vie

Témoignage de Violette

« Je suis responsable de ma vie – J’ai peu de souvenirs de la vie familiale durant mon enfance, si ce n’est les disputes de mes parents, la colère de mon père à l’égard de ma mère, l’attitude de ma mère face à la consommation d’alcool de mon père. Ils étaient là et pourtant j’ai le sentiment d’avoir grandi sans parents. Il n’y avait aucune communication, aucune joie, aucun mot d’amour. Ma mère n’avait de cesse que de nous montrer qu’elle était malheureuse à cause de mon père. Elle déversait sa souffrance sur ses enfants, menaçait régulièrement de se suicider. J’avais fini par penser que mon père buvait à cause d’elle. J’ai réalisé il y a peu que mon père ne m’avait jamais regardée. Pas plus qu’il ne m’a parlé. Est-ce pour cela que j’ai peur du regard des autres ? Est-ce pour cela que la parole est un exercice difficile pour moi ? Il me semblait que je n’existais pas pour lui. Il a fui sa vie dans l’alcool, le travail et la solitude. J’étais une petite fille sage et travailleuse. Ne pas créer de problème supplémentaire. J’ai développé à la fois une hyper sensibilité et une insensibilité. La solitude, c’était ma bulle de protection. Les relations avec mon frère et ma sœur ne sont pas simples. Nous n’avons pas un vrai lien de fraternité.
Lorsque je suis arrivée en Al-Anon, je voulais guérir de mon enfance comme d’une maladie qui était en moi. Je disais que j’étais handicapée. Il y avait en moi un vide affectif, un trou sans fond qui prenait toute la place. J’étais mal avec moi même. J’avais tant de colère envers mes parents car je les tenais pour responsable de mon mal-être, de ma difficulté à m’exprimer, à communiquer avec les autres, mon incapacité à construire une relation avec un homme, à construire une famille. J’ai ressenti aussi le besoin d’aller en réunion ouverte aux Alcooliques Anonymes pour entendre des témoignages d’alcooliques, pour comprendre ce qui nous est arrivé. En Al-Anon, j’ai appris que j’étais responsable de ma vie. J’ai appris à accepter les choses que je ne peux pas changer, c’est-à-dire mes parents, mon enfance et surtout mes blessures. J’ai compris qu’accepter ne signifie pas être d’accord. Accepter c’est voir la réalité telle qu’elle est. J’ai appris à prendre la responsabilité de ma vie, à poser des actes… même avec la peur. Aujourd’hui, je ne suis plus dans cette colère face au passé ; la relation avec ma mère a beaucoup changé.  En Al-Anon, je peux déposer ma souffrance, m’exprimer sans être jugée et surtout prendre ce qui me plait et laisser le reste ».

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